Pendant des décennies, camions, navires et entrepôts ont constitué la chaîne d’approvisionnement invisible qui sous-tendait la brasserie la plus prolifique du Burundi : Brarudi, une filiale de Heineken. Le sorgho blanc, l’orge et d’autres intrants agricoles parcouraient des milliers de kilomètres depuis l’Europe avant d’atteindre les chaînes de production chargées de fabriquer les bières et boissons phares de l’entreprise.
Cette stratégie d’approvisionnement a fonctionné… jusqu’à ce qu’elle ne fonctionne plus.
Lorsque la pandémie de COVID-19 a perturbé la logistique mondiale et que les tensions géopolitiques ont ébranlé les routes commerciales internationales, Brarudi n’a plus pu ignorer les vulnérabilités d’une chaîne d’approvisionnement s’étalant sur quatre mois. Les retards se sont multipliés, les coûts ont augmenté et l’incertitude menaçait de devenir une constante de l’activité.

Yet, scattered across Burundi’s rolling hillsides, was an alternative waiting to be organised.
Pourtant, disséminée à travers les collines vallonnées du Burundi, une alternative n’attendait qu’à être organisée.
Aujourd’hui, les petits exploitants agricoles fournissent directement des céréales à l’une des plus grandes chaînes de valeur industrielles du Burundi. Grâce à un partenariat entre Auxfin Burundi, facilité par TradeMark Africa avec un financement des Pays-Bas, Brarudi et des coopératives agricoles, les producteurs locaux livrent du sorgho blanc, du maïs et de l’orge à des centres de collecte où la qualité est rigoureusement contrôlée avant d’être acheminée vers la brasserie.
Les chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. Rien qu’en 2025, BRARUDI a acheté aux producteurs locaux plus de 101 000 kilogrammes de sorgho blanc, pour une valeur supérieure à 213 millions de BIF, et plus de 65 000 kilogrammes d’orge, pour une valeur supérieure à 235 millions de BIF.
Toutefois, la véritable transformation commence bien avant que les céréales n’arrivent à la brasserie. La qualité n’a jamais été compromise par cette transition. Brarudi applique aux céréales d’origine locale les mêmes contrôles de qualité rigoureux et en plusieurs étapes qu’aux céréales importées. Dans les points de collecte, des responsables formés vérifient les taux d’humidité et effectuent des tests de dépistage de la contamination par les aflatoxines. Les agriculteurs qui, autrefois, peinaient à accéder à des marchés fiables participent désormais à une chaîne d’approvisionnement régie par les mêmes normes de qualité que celles appliquées aux produits importés. Chaque récolte acceptée représente un revenu conservé par les ménages ruraux et une valeur conservée au sein de l’économie burundaise.
« Aucune décision susceptible de nuire à la qualité des produits Brarudi destinés aux consommateurs n’est prise. Ce programme a créé des emplois directs au sein de Brarudi et a permis le déploiement d’agronomes et de personnel de terrain par l’intermédiaire d’organisations partenaires », a déclaré Sacha Rwamigabo, responsable du programme d’approvisionnement local chez Brarudi Brewer, au Burundi.

Pour Brarudi, ce changement ne se résume pas à un simple approvisionnement local. Chaque tonne achetée aux agriculteurs burundais remplace une tonne importée. Les devises étrangères qui quittaient auparavant le pays restent désormais en circulation sur le marché intérieur. La production agricole locale s’intègre ainsi dans un écosystème industriel, au lieu de fonctionner en marge de celui-ci.
Derrière cette transformation se trouve Auxfin Burundi, qui fait le lien entre des milliers de petits exploitants agricoles et un acheteur industriel aux normes rigoureuses. Les agriculteurs bénéficient de formations au tri, au battage, au séchage et au stockage, ce qui les aide à augmenter la part de leur récolte répondant aux exigences commerciales et pouvant être vendue plutôt que rejetée.
Il en résulte une chaîne d’approvisionnement qui profite aux deux parties. Les agriculteurs accèdent à un marché stable et de grande envergure. La brasserie Brarudi, quant à elle, bénéficie d’un approvisionnement en matières premières plus résilient. Des emplois sont créés tout au long de la chaîne de valeur, des agronomes de terrain au personnel des centres de collecte.
L’ambition de la brasserie Brarudi est considérable : s’approvisionner chaque année entre 20 000 et 30 000 tonnes auprès de producteurs locaux dans les années à venir, ce qui va bien au-delà de la simple histoire d’une bière servie à table.
Auxfin et son réseau d’agriculteurs ont prouvé que les champs du Burundi peuvent s’inscrire dans l’avenir industriel du pays. Qu’Afrique peut remplacer la dépendance par la résilience, les importations par des opportunités, et les chaînes d’approvisionnement lointaines par la prospérité locale. Lorsque les systèmes commerciaux relient les agriculteurs aux marchés, les économies se développent à partir du sol sous nos pieds.
