La transaction semblait courante. L’argent avait été transféré. Une livraison de riz était attendue. Puis le fournisseur a disparu. En une seule transaction, la société Meysun Trading Limited, basée à Nairobi, a perdu 1,2 million de shillings kényans (environ 9 300 dollars) — un coup dur pour un négociant en céréales opérant avec de faibles marges. Cette perte a mis en lumière la dure réalité du commerce agricole informel, où les affaires reposent souvent sur des accords verbaux, la confiance personnelle et des chaînes d’approvisionnement fragmentées.
« Nous avions peur de nous développer, car on pouvait très facilement perdre de l’argent », se souvient M. Adan, le Directeur. « On envoyait de l’argent aux fournisseurs et, parfois, les céréales n’arrivaient jamais. C’était très risqué de faire des affaires de cette manière. »
Fondée en 2013, Meysun Trading a débuté comme une modeste entreprise céréalière opérant depuis un entrepôt situé près du City Stadium, le long de Jogoo Road, à Nairobi, au Kenya. Spécialisée dans le négoce de maïs, de blé, d’orge, de riz, de soja et de haricots communs, l’entreprise disposait d’un entrepôt d’une capacité d’environ 6 000 sacs. L’essentiel de son activité restait confiné aux marchés locaux informels, où les opportunités de croissance – et les garanties – étaient limitées.
Tout a changé en 2023. Grâce au Conseil des céréales d’Afrique de l’Est (EAGC) et à une initiative soutenue par TradeMark Africa visant à renforcer le commerce des céréales entre le Kenya et la Tanzanie – facilitée par TradeMark Africa et financée par les Pays-Bas –, Meysun a rejoint un réseau commercial régional structuré qui mettait les entreprises en relation avec des acheteurs vérifiés, des fournisseurs de confiance et des systèmes de commerce transfrontalier plus sûrs.
Des forums commerciaux régionaux ont permis à l’entreprise de rencontrer de nouveaux partenaires commerciaux au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie, ouvrant ainsi des marchés qui semblaient auparavant trop risqués pour s’y implanter.

Le changement le plus important est survenu avec l’adoption de G-Soko, une plateforme structurée de négoce de céréales qui garantit les paiements avant que les livraisons ne soient effectuées. Ce système réduit considérablement la fraude, les livraisons non honorées et les litiges liés aux paiements – des risques de longue date qui avaient découragé de nombreux négociants de s’étendre au-delà des marchés qu’ils connaissaient bien.
« G-Soko a complètement changé notre façon de faire des affaires », explique M. Adan. « Aujourd’hui, la confiance entre les négociants est renforcée, car les transactions sont plus transparentes et plus sûres. Nous pouvons désormais commercer en toute confiance, même avec de nouveaux partenaires commerciaux. »
The commercial results followed quickly. Through structured trade arrangements, Meysun has traded 347 metric tonnes of commodities, including white maize, red sorghum and finger millet. In the second half of 2025 alone, the company traded 153 metric tonnes worth over $105,000, generating the confidence – and the capital – to reinvest in the business. Growth is visible across the company’s operations.
Meysun a quitté son entrepôt d’origine pour s’installer dans des locaux plus spacieux situés dans la zone industrielle du National Cereals and Produce Board à Nairobi, ce qui a permis de faire passer sa capacité de stockage de 6 000 sacs à plus de 20 000 sacs. Elle a investi environ 242 000 KSh (environ 1 875 $) dans des locaux modernes équipés d’ordinateurs portables, d’une connexion Internet et de systèmes opérationnels améliorés, tout en installant 100 palettes de stockage afin d’optimiser la manutention des marchandises et de préserver la qualité des céréales. Cette expansion a également permis de créer des emplois. L’entreprise emploie désormais trois salariés permanents et recrute régulièrement des travailleurs occasionnels pour l’approvisionnement, le chargement, le transport et les livraisons pendant les périodes de forte activité.
« Avant, nous survivions d’une transaction à l’autre », explique M. Adan. « Désormais, nous pouvons planifier l’avenir, développer notre activité et établir des relations à long terme avec des acheteurs et des fournisseurs dans toute la région. »
Le parcours de Meysun reflète une transformation plus large qui s’opère dans l’ensemble de l’économie céréalière de l’Afrique de l’Est. Grâce à ce programme, plus de 60 négociants et entreprises ont échangé plus de 7 200 tonnes de céréales, pour une valeur d’environ 4,4 millions de dollars, renforçant ainsi les liens commerciaux entre le Kenya et la Tanzanie et démontrant comment un commerce transparent et structuré peut réduire les risques, débloquer des investissements, créer des emplois et bâtir des marchés alimentaires régionaux plus résilients.

