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La réforme logistique de l’Éthiopie ouvre de nouvelles opportunités pour la croissance du commerce

June 23, 2026

L’Éthiopie a ouvert son secteur logistique à la propriété étrangère à 100 %, supprimant ainsi le plafond de 49 % qui limitait depuis longtemps la participation des investisseurs étrangers dans l’un des marchés commerciaux les plus importants d’Afrique de l’Est. Cette réforme pourrait attirer des capitaux, des technologies et des normes opérationnelles internationales. Son succès dépendra toutefois de la capacité des règles, des institutions et des entreprises locales à s’adapter suffisamment rapidement pour permettre une circulation des marchandises plus rapide et plus prévisible.

Ce changement de politique a constitué l’un des principaux sujets de discussion lors du Forum commercial et d’investissement Royaume-Uni–Éthiopie tenu à Londres le 18 juin, où l’intérêt du secteur privé pour le programme de réformes de l’Éthiopie s’est clairement manifesté. Les investisseurs suivent également un ensemble plus large de réformes, notamment la libéralisation des marchés de capitaux, les efforts de l’Éthiopie pour adhérer à l’Organisation mondiale du commerce d’ici le début de l’année 2027, ainsi que d’importants projets d’infrastructure, tels que l’aéroport international de Bishoftu d’une valeur de 13 milliards de dollars, situé à 45 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba et appelé à devenir le plus grand aéroport d’Afrique à son achèvement en 2030. Les échanges annuels de biens et de services entre le Royaume-Uni et l’Éthiopie s’élèvent à environ 900 millions de dollars (700 millions de livres sterling) et continuent de croître. Ensemble, ces mesures témoignent de la volonté du pays de jouer un rôle plus important dans le commerce régional et mondial.

La participation de TradeMark Africa au forum s’est concentrée sur les conditions nécessaires pour transformer cette réforme en résultats concrets pour le secteur logistique éthiopien. Dans le cadre de programmes soutenus par le Royaume-Uni, TradeMark Africa a facilité des discussions entre la British International Freight Association et l’Association éthiopienne des transitaires et agents maritimes afin de définir la prochaine phase de soutien dans le cadre du programme du Foreign, Commonwealth and Development Office en Éthiopie pour la période 2026–2028. TradeMark Africa a également dirigé la session consacrée à la logistique et à la facilitation du commerce, aux côtés de Dawit Woubishet, président de l’Association éthiopienne des transitaires et agents maritimes, et de Pawel Jarza, directeur de la British International Freight Association. Les discussions ont porté sur le rôle d’une logistique efficace dans la compétitivité économique et la modernisation du secteur.

Comme l’a souligné Angus Miller, conseiller régional de TradeMark Africa pour la Corne de l’Afrique :

« Apprendre à connaître les acteurs, comprendre ce qui fonctionnera ou non, et faire le lien entre les bailleurs de fonds qui attendent des résultats et les institutions locales ainsi que les acteurs du secteur privé confrontés à leurs propres contraintes et priorités est essentiel pour faire avancer les choses. »

Cette observation va au cœur même du défi de la réforme en Éthiopie. La suppression du plafond de propriété constitue un signal important, mais elle ne produira pas de résultats à elle seule. Les entreprises étrangères entrant sur le marché auront besoin d’une clarté réglementaire, d’une mise en œuvre prévisible et de partenaires locaux crédibles. Les prestataires logistiques locaux devront également disposer des capacités nécessaires pour faire face à la concurrence, s’adapter et se développer dans un marché plus ouvert. La question n’est pas seulement de savoir si de nouveaux investisseurs entreront sur le marché, mais aussi si la réforme renforcera l’ensemble de l’écosystème logistique de manière à améliorer la qualité des services, réduire les coûts et soutenir le commerce le long des corridors commerciaux.

C’est précisément sur ce point que se concentre le travail de TradeMark Africa avec ses partenaires du secteur. La collaboration proposée sur trois ans avec la British International Freight Association et l’Association éthiopienne des transitaires et agents maritimes devrait favoriser la mise en place d’une plateforme d’apprentissage et de gestion des connaissances destinée aux transitaires éthiopiens, renforcer la formation dans le secteur logistique et approfondir l’assistance technique aux prestataires locaux. Ce partenariat contribuerait également à établir des relations commerciales durables entre les entreprises britanniques et éthiopiennes, créant ainsi un canal concret pour le commerce, l’investissement et les échanges de connaissances.

La durabilité fait également partie des discussions entourant cette réforme. L’Éthiopie poursuit une importante transition énergétique dans le secteur des transports, dans laquelle la logistique devrait jouer un rôle clé. Les échanges lors du forum ont examiné la possibilité de mettre en œuvre des projets pilotes de transport de marchandises électriques pour les premiers et derniers kilomètres de livraison, où des expérimentations pratiques pourraient permettre de déterminer les solutions les mieux adaptées au contexte éthiopien. Cette démarche viendrait compléter les efforts plus larges visant à améliorer les performances logistiques tout en réduisant les émissions.

Le forum a également mis en évidence l’importance de la visibilité et du renforcement de la confiance. L’Éthiopie devrait accueillir en 2027 plusieurs événements internationaux majeurs, notamment le Congrès mondial de la Fédération internationale des associations de transitaires (FIATA) à Addis-Abeba en octobre, ainsi que la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques plus tard dans l’année. Ces rendez-vous offriront l’occasion de démontrer les progrès accomplis dans les réformes, de mettre en avant les améliorations en matière d’efficacité logistique et de performance environnementale, et d’attirer davantage d’investissements dans le secteur.

L’accent est désormais mis sur la mise en œuvre. La confiance des investisseurs dépendra de calendriers clairs, de cadres réglementaires cohérents et d’une application constante des réformes. Pour l’Éthiopie, le succès se mesurera à la rapidité et à la prévisibilité accrues du transport des marchandises, à l’amélioration de la fiabilité des corridors commerciaux et à une meilleure capacité des entreprises locales à concurrencer efficacement sur les marchés régionaux et mondiaux.