TradeMark Africa
Growing Prosperity Through Trade

TradeMark Africa

La confiance est la monnaie du commerce

July 3, 2026

Cette année, notre priorité politique portera sur les normes. Les normes de qualité ainsi que les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) sont essentielles pour accroître l’accès aux marchés des produits commercialisés. La CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) estime que les mesures techniques réglementent désormais environ les deux tiers du commerce mondial, tandis que les exigences SPS s’appliquent à presque tous les produits agricoles…

Le commerce prospère lorsque les systèmes fonctionnent de manière coordonnée. Mais lorsque les normes diffèrent d’un pays à l’autre, que les procédures sont dupliquées et que les décisions reposent sur l’appréciation discrétionnaire des autorités, le coût du commerce augmente et la confiance diminue. L’élimination de ces obstacles est essentielle à la réussite des entreprises africaines. C’est précisément la mission de TradeMark Africa. Au cours de l’année écoulée, nous avons continué à renforcer les institutions, les systèmes et la coopération qui rendent le commerce prévisible et vérifiable. En collaboration avec les gouvernements, le secteur privé et nos partenaires, nous avons soutenu des réformes le long des corridors commerciaux, aux frontières et au sein des chaînes de valeur afin de répondre aux contraintes qui déterminent qui peut commercer, à quelle vitesse et à quel coût.

Cette année, notre priorité politique portera sur les normes. Les normes de qualité et les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) sont essentielles pour accroître l’accès aux marchés des biens échangés. La CNUCED estime que les mesures techniques réglementent désormais environ les deux tiers du commerce mondial, tandis que les exigences SPS s’appliquent à presque tous les produits agricoles. Les exportateurs doivent démontrer, rapidement et de manière répétée, que leurs marchandises répondent aux exigences du marché, de l’acheteur et de l’organisme d’inspection suivants. Cette exigence est légitime : les acheteurs veulent des preuves qu’un produit est sûr, traçable et conforme aux réglementations, et les autorités de régulation exigent la même chose. Toutefois, cela représente un coût pour les producteurs, non seulement pour assurer la conformité, mais aussi pour la démontrer au moyen de certifications et de vérifications.

C’est pourquoi TradeMark Africa place les normes au cœur de son action. En 2024/2025, nous avons soutenu les États partenaires de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE/EAC) dans l’adoption de plus de 100 normes harmonisées et actualisées couvrant les principaux secteurs commerciaux, notamment l’horticulture, la pêche, les produits laitiers et les produits pétroliers. Cette initiative a contribué à constituer une base régionale de plus de 2 000 normes de la CAE alignées sur les pratiques internationales. TradeMark Africa a également contribué à traduire ces normes en mesures concrètes et applicables, notamment à travers des évaluations de conformité déterminant les modalités de test, d’inspection et de certification des produits.

L’étape suivante consiste à disposer des moyens nécessaires pour réaliser ces évaluations. Lorsque les capacités des laboratoires sont insuffisantes, les retards transforment les normes en pénalités. À Nakonde, à la frontière entre la Zambie et la Tanzanie, nous avons soutenu le renforcement des capacités du laboratoire phytosanitaire ainsi que l’adoption d’accords de reconnaissance mutuelle entre les deux pays. Ces améliorations se sont révélées particulièrement utiles lors de la réponse à la sécheresse de 2025, lorsque 100 tonnes métriques de maïs ont été dédouanées sans aucun rejet, tandis que les délais d’analyse sont passés de 72 heures à moins de 30 heures, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire sans compromettre les contrôles de sécurité. Au Kenya, de nouveaux équipements de laboratoire à la KEPHIS ont permis d’élargir les capacités de dépistage des résidus complexes de pesticides, renforçant la crédibilité des certifications auprès des acheteurs et des autorités réglementaires. En Afrique de l’Ouest, nous avons formé plus de 80 régulateurs et 80 entreprises au Ghana et en Côte d’Ivoire sur le système HACCP, la certification à l’exportation et les normes phytosanitaires, renforçant ainsi leur préparation à accéder aux marchés formels.

L’évaluation et la vérification des normes nécessitent également des systèmes numériques. Les systèmes électroniques de certification phytosanitaire actuellement en service au Mozambique ont, par exemple, réduit les délais de traitement pour les exportateurs de 12 jours à seulement deux ou trois jours, tandis que le système numérique d’auto-déclaration douanière de l’Autorité fiscale du Kenya a réduit la dépendance à l’égard des intermédiaires pour les échanges commerciaux de faible valeur. Nous avons également mis en place des plateformes d’apprentissage à l’échelle sectorielle, notamment le Horti-Campus éthiopien, afin de réduire les coûts de formation tout en renforçant la conformité dans l’ensemble des chaînes de valeur. En intégrant la conformité directement dans les opérations, ces systèmes aident les entreprises à s’adapter à l’évolution des exigences réglementaires.

Les solutions intégrées nécessitent non seulement une approche globale, mais également une approche transnationale afin de produire les changements que les entreprises souhaitent voir se concrétiser. Nous avons soutenu la Communauté d’Afrique de l’Est dans le lancement d’un projet pilote de caution douanière, destiné à fluidifier le transport de plus de 35 milliards de dollars de marchandises tout en libérant près de 2 milliards de dollars immobilisés dans des garanties redondantes. Par ailleurs, les gouverneurs des banques centrales ont approuvé un Plan directeur pour un système de paiements transfrontaliers élaboré avec l’appui technique de TradeMark Africa, faisant progresser la mise en place de paiements interopérables à travers l’Afrique de l’Est.

La tâche qui nous attend est désormais celle de la consolidation. Les normes harmonisées doivent être appliquées de manière cohérente. Les systèmes numériques doivent rester résilients et interopérables. Les infrastructures physiques doivent être entretenues et exploitées comme partie intégrante d’un système global de dédouanement. Enfin, le secteur privé doit être pleinement impliqué en tant qu’utilisateur des règles.

(Republié à partir du Rapport annuel 2024/2025)