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De la préparation à l’exportation à l’accès aux marchés : une aide soutenue par l’UE renforce la participation des femmes au commerce le long du corridor Djibouti-Éthiopie

August 19, 2026


Pour les entreprises dirigées par des femmes, l’accès aux marchés régionaux ne se limite pas à la qualité des produits. Les commerçantes doivent savoir comment officialiser leur activité, respecter les normes applicables aux produits, remplir les documents d’exportation, gérer les formalités douanières et entrer en contact avec des acheteurs. Sans ces connaissances ni un soutien institutionnel, les entreprises risquent de faire face à des coûts plus élevés, à des retards et à des opportunités commerciales manquées.

Quarante commerçantes et exportatrices venues de toute l’Éthiopie se sont réunies à Bishoftu les 30 et 31 juillet 2026 pour un atelier de deux jours consacré à la préparation à l’exportation, destiné à relever ces défis.

Cet atelier a directement contribué à l’objectif de commerce inclusif du programme « Promotion de l’intégration économique régionale dans la Corne de l’Afrique par le développement du corridor de Djibouti » : renforcer la capacité des commerçantes ciblées à participer aux échanges commerciaux. Ce programme de 32 millions d’euros est financé par l’Union européenne dans le cadre de l’initiative «Global Gateway», avec des fonds délégués à l’Agence française de développement (AFD), et mis en œuvre par TradeMark Africa (TMA) en partenariat avec les gouvernements éthiopien et djiboutien.

Bien qu’il se soit déroulé en Éthiopie, cet atelier s’inscrivait dans une approche binationale visant à garantir que les commerçantes et les entrepreneuses d’Éthiopie et de Djibouti puissent bénéficier d’une meilleure connectivité du corridor, d’une facilitation des échanges et d’une intégration des marchés régionaux.

Le corridor Djibouti-Éthiopie est une voie commerciale essentielle qui soutient les objectifs de la stratégie « Global Gateway » de l’UE, mise en œuvre dans le cadre de l’approche « Team Europe ». Ce programme associe des investissements dans les infrastructures à des mesures de facilitation des échanges visant à réduire les délais et les coûts liés au transport des marchandises le long du corridor. Ces mesures comprennent notamment un renforcement de la gouvernance du corridor, la mise en place de systèmes commerciaux numériques tels que la certification phytosanitaire électronique, des réformes réglementaires, une assistance technique et le renforcement des capacités. L’atelier est venu compléter ces réformes en donnant aux entreprises dirigées par des femmes les moyens d’utiliser des systèmes améliorés et une meilleure connectivité pour saisir les opportunités offertes par les marchés régionaux.

Les participantes représentaient les associations des femmes commerçantes d’Addis-Abeba et d’Oromia, l’Association éthiopienne des femmes exportatrices, l’association « Women in Coffee » et le Centre pour l’autonomisation économique accélérée des femmes. Des représentants d’institutions gouvernementales et d’organisations de soutien au commerce ont également pris part à l’événement.

À propos des obstacles au commerce formel

Les femmes commerçantes exercent leurs activités dans des secteurs allant du café et de l’horticulture aux textiles, à l’artisanat et aux biens de consommation. Une analyse de genre commandée dans le cadre du programme a révélé que 94 % des femmes commerçantes interrogées exerçaient leur activité sans licence commerciale, tandis que plus d’un tiers d’entre elles ont déclaré effectuer des paiements informels aux postes-frontières. Le fait d’exercer une activité informelle peut compliquer l’accès des entreprises au financement, le respect des exigences réglementaires et leur pleine participation aux marchés régionaux formels.

L’atelier a abordé ces contraintes à travers des sessions pratiques consacrées à la formalisation des entreprises, aux exigences légales et réglementaires, aux documents d’exportation, à l’accès au financement, aux normes relatives aux produits et aux emballages, à la logistique, aux procédures douanières, au commerce électronique, au marketing numérique et à la négociation commerciale. Les participantes ont également examiné les cadres régionaux et continentaux qui régissent l’accès au marché éthiopien, notamment le régime commercial simplifié du COMESA, la Zone de libre-échange continentale africaine, les accords commerciaux bilatéraux de l’Éthiopie, ainsi que les procédures douanières et de transit régissant la circulation des marchandises via Djibouti. La compréhension de ces cadres est essentielle pour les entreprises dirigées par des femmes qui cherchent à identifier des marchés viables, à déterminer les exigences commerciales applicables et à prendre des décisions éclairées quant à la destination et aux modalités de leurs exportations.

Associer le développement des compétences aux réformes des corridors

Le corridor Djibouti-Éthiopie constitue la principale voie commerciale maritime de l’Éthiopie et un maillon essentiel pour les entreprises souhaitant accéder aux marchés régionaux et internationaux. L’amélioration de ce corridor ne se limite pas aux infrastructures et aux systèmes frontaliers ; elle nécessite également de donner aux entreprises les moyens de les utiliser. La préparation à l’exportation axée sur les femmes constitue donc un complément important aux réformes du corridor. Selon les données de la Banque mondiale issues d’ILOSTAT, 48 % de la population active féminine de Djibouti était au chômage en 2025, d’après une estimation nationale. Renforcer la participation des femmes au commerce formel et aux chaînes de valeur régionales peut créer des opportunités pour les entreprises, les ménages et les communautés tout au long du corridor.

Transformer le savoir en opportunité commerciale

Organisé en partenariat avec le ministère éthiopien du Commerce et de l’Intégration régionale et le ministère des Femmes et des Affaires sociales, cet atelier s’inscrivait dans la continuité d’une session précédente tenue en mars 2026, à l’occasion du Mois international des femmes, qui portait sur l’amélioration de l’accès des femmes commerçantes aux opportunités de marché.

Women traders support household incomes, businesses and local markets across the region. Ensuring that they can access relevant knowledge, legal frameworks and institutional support strengthens their participation in formal trade and contributes to more resilient communities.

— Solomon Asfaw, Adviser to the State Minister of Women and Social Affairs

Transformer le savoir en opportunité commerciale

Organisé en partenariat avec le ministère éthiopien du Commerce et de l’Intégration régionale et le ministère des Femmes et des Affaires sociales, cet atelier s’inscrivait dans la continuité d’une session précédente tenue en mars 2026, à l’occasion du Mois international des femmes, qui portait sur l’amélioration de l’accès des femmes commerçantes aux opportunités de marché.

Des évaluations réalisées avant et après l’atelier ont permis de mesurer l’évolution des connaissances et de la confiance des participantes. Un suivi de six mois permettra d’évaluer la manière dont les participantes ont mis en pratique ce qu’elles ont appris, notamment les progrès réalisés en matière de formalisation des entreprises, de conformité aux règles d’exportation et de participation au commerce régional.

Un corridor mieux connecté ne peut générer des retombées économiques plus larges que si les entreprises sont en mesure d’en tirer parti. En combinant des investissements dans les infrastructures, la gouvernance et la facilitation des échanges avec un soutien ciblé aux femmes commerçantes, le programme s’efforce de transformer cette connectivité améliorée en opportunités commerciales et économiques plus durables.