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De Durban à Kasumbalesa : les données commerciales permettent d’identifier précisément les domaines dans lesquels l’Afrique australe doit agir pour optimiser le potentiel commercial régional

June 16, 2026

Depuis des années, les opérateurs transportant des marchandises le long des corridors commerciaux d’Afrique australe en connaissent les symptômes : retards des camions, passages frontaliers imprévisibles, hausse des coûts logistiques et opportunités de marché manquées. Ce qui a souvent fait défaut, ce sont des données claires et fondées sur des faits, ainsi qu’une compréhension précise des endroits où se situent les goulots d’étranglement et de la manière de les résoudre. De nouvelles données sur les performances des corridors commencent à changer la donne.

Un cadre fondé sur les données, soutenu par TradeMark Africa (TMA) et élaboré en collaboration avec les parties prenantes des corridors, offre une visibilité en temps quasi réel sur la circulation des marchandises le long du corridor Nord-Sud – la route commerciale la plus fréquentée de la région, reliant le port de Durban au Botswana, au Zimbabwe, à la Zambie et à la République démocratique du Congo (RDC). Ces conclusions devraient susciter l’intérêt des acteurs des secteurs de la logistique et des infrastructures, comme l’ont souligné l’édition de mai 2026 du magazine Truck Talk de la Road Freight Association ainsi que le magazine FIDIC Africa.

Les retards aux frontières constituent désormais un problème majeur

Le message des données est clair : alors que certaines parties du corridor gagnent en efficacité, les retards aux frontières nuisent de plus en plus à la performance globale. L’analyse met en évidence une tendance préoccupante aux principaux points de passage frontaliers. À plusieurs endroits le long du corridor, les retards s’accumulent, ce qui crée de l’incertitude pour les transporteurs et augmente les coûts d’exploitation. Le poste-frontière de Kasumbalesa, entre la Zambie et la RDC, est particulièrement préoccupant : selon le Cadre de suivi des performances du corridor Nord-Sud commandé par TMA (Turner & Townsend, 2026), les durées moyennes de passage ont dépassé les 100 heures. Des retards sont également observés à Beitbridge, Chirundu et Kazungula, ce qui souligne la nécessité d’une coordination renforcée entre les agences frontalières et les opérateurs du secteur privé.

Ces conclusions renforcent le message véhiculé par le portefeuille Afrique australe de TMA, selon lequel l’Afrique australe ne manque pas de potentiel commercial ; elle souffre plutôt de frictions évitables. Les retards aux frontières, la fragmentation des procédures douanières, la faible interopérabilité numérique et les barrières non tarifaires continuent de ralentir les échanges commerciaux le long de certains des corridors les plus importants de la région.

Durban démontre que tout est possible

Ces données donnent également des raisons d’être optimiste. Les performances du port de Durban se sont améliorées. La durée des escales des navires est passée de 6,75 jours en 2024 à 6,68 jours en 2026, tandis que les délais de traitement au terminal des poids lourds ont été réduits de près de 8 %.

Ces progrès démontrent que des réformes opérationnelles ciblées peuvent produire des résultats mesurables. Cependant, l’enseignement général à en tirer est que les améliorations portuaires ne suffisent pas à elles seules à transformer les performances du corridor si les camions continuent de subir de longs retards aux postes-frontières situés plus à l’intérieur des terres. En d’autres termes, l’efficacité d’un corridor dépend de son maillon le plus faible.

Pourquoi TMA mise sur une approche intégrée des corridors ?

« Ces conclusions s’inscrivent parfaitement dans le cadre de l’approche intégrée des corridors commerciaux de TMA en Afrique australe, qui vise à lever les obstacles sur l’ensemble des voies commerciales plutôt que dans des lieux ou des nœuds isolés. Cette approche reconnaît que les corridors commerciaux constituent des systèmes reliant les ports, les postes-frontières, les autorités douanières, les laboratoires d’essais, les opérateurs de transport et les plateformes numériques. Améliorer un élément sans s’attaquer aux autres limite souvent l’impact global », observe Mark Priestley, directeur principal chargé de l’environnement commercial chez TMA.

Dans toute l’Afrique australe, TMA collabore avec les gouvernements et les partenaires de développement afin de réduire les délais, les coûts et l’imprévisibilité des échanges commerciaux le long des corridors Nord-Sud, Beira et Dar es Salaam, tout en se préparant à étendre son soutien aux corridors de Lobito, Maputo et Walvis Bay. Cela comprend :

  • Soutenir la modernisation du poste-frontière à guichet unique de Nakonde en Zambie (la première phase des travaux de modernisation a été inaugurée par le président zambien, Hakainde Hichilema, en mars 2026). L’objectif de ces travaux est de réduire de plus de moitié les délais de dédouanement.
  • Favoriser l’échange de données entre les administrations douanières de la Zambie, du Malawi, du Mozambique et du Zimbabwe afin de permettre des procédures de dédouanement plus rapides et plus prévisibles.
  • Soutenir les systèmes de commerce numérique tels que la plateforme e-Phyto du Mozambique, qui a permis de réduire les délais de certification phytosanitaire de 12 jours à seulement deux ou trois jours.
  • Soutenir la mise en place de comités frontaliers conjoints, notamment à Forbes-Machipanda, afin d’améliorer la coordination transfrontalière.
  • Développer des outils de suivi des corridors et des observatoires fournissant aux gouvernements et aux entreprises des données de performance exploitables.

Du traitement des données à la prise de décision

La contribution la plus importante de ce cadre réside peut-être dans le fait qu’il fait passer la gestion du corridor de l’anecdote à la preuve. En combinant les données GPS sur les mouvements de fret, les informations de suivi des navires et les indicateurs de performance aux frontières, les décideurs politiques peuvent identifier précisément où se produisent les retards, mesurer l’efficacité des réformes et hiérarchiser les investissements avec davantage de confiance.

Les données mettent également en évidence des solutions concrètes. Une meilleure coordination aux frontières, un respect accru des procédures douanières, une adoption plus large des systèmes numériques et une meilleure coordination opérationnelle entre les acteurs des secteurs public et privé pourraient réduire considérablement les retards sur l’ensemble du corridor.