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Renforcement des systèmes de normalisation pour favoriser l’accès au marché et la capture de valeur en RDC – Avril 2026

April 7, 2026

Pendant quatre mois, TradeMark Africa, avec un financement du Royaume-Uni, a mis en œuvre des réformes visant à renforcer les systèmes de normalisation et la compétitivité commerciale en République Démocratique du Congo. Le Projet de Partenariat pour les Normes (Standards Partnership Project) s’est concentré sur la réduction des écarts en matière de conformité, de coordination institutionnelle et de préparation au marché — des domaines qui ont historiquement limité la capacité du pays à rivaliser sur les marchés mondiaux.

Des agences gouvernementales, des acteurs du secteur privé et des partenaires au développement se sont réunis à l’ambassade britannique à Kinshasa pour clôturer le projet et définir les priorités futures. Cet événement a marqué la transition d’une phase de livraison vers la consolidation du système.

L’économie de la RDC reste fortement dépendante des exportations de minerais, alors que le pays importe une part importante de ses besoins agricoles des États voisins. La diversification des exportations et le renforcement de la compétitivité agricole nationale sont des priorités nationales. Le renforcement de la conformité aux normes est au cœur de cet agenda – c’est ce qui rend les exportations congolaises compétitives et réduit la dépendance vis-à-vis des importations agricoles en provenance de voisins tels que la Zambie. L’intervention a répondu à une contrainte manifeste. Les producteurs congolais exportent du café, du cacao, des épices et du maïs, mais capturent une valeur limitée en raison de la faiblesse des infrastructures de normalisation. À mesure que les exigences mondiales se durcissent – des réglementations de l’UE sur la déforestation aux seuils de pesticides plus stricts – les systèmes de conformité déterminent de plus en plus l’accès au marché, les prix et la compétitivité.

Le projet a produit des résultats tant au niveau du système que des producteurs. Plus de 260 parties prenantes — régulateurs, dirigeants de coopératives, exportateurs, agronomes et agents d’inspection — ont renforcé leurs capacités en matière de mesures sanitaires et phytosanitaries (SPS) et d’obstacles techniques au commerce (OTC). Les institutions gouvernementales ont amélioré leur application des procédures de notification de l’OMC, des protocoles d’inspection basés sur les risques et de la certification phytosanitaire. Les coopératives et les exportateurs ont adopté de meilleures pratiques concernant le contrôle de l’humidité, les limites de résidus, la traçabilité et l’assurance qualité.

Les actions de sensibilisation dans la province de l’Ituri ont permis de transmettre des connaissances à environ 100 000 agriculteurs, liant les pratiques des petits exploitants aux exigences du marché et transformant la conformité d’un coût perçu en un outil d’accès à des marchés à plus haute valeur ajoutée. Un décret ministériel établissant les comités nationaux SPS, OTC et du Codex fournit un cadre pour une réglementation coordonnée et basée sur la science. Quatre-vingt-sept membres de ces comités ont commencé la planification opérationnelle, jetant les bases d’une surveillance durable, de systèmes de sécurité sanitaire des aliments améliorés et d’un alignement avec les obligations commerciales internationales.

Au niveau politique, le gouvernement de la RDC a pris des mesures pour améliorer l’environnement favorable. La suspension de la taxe de 10 $ par tonne sur les exportations de café et de cacao, en vigueur depuis 2016, supprime une charge directe sur les exportateurs et signale un virage vers une politique commerciale axée sur la compétitivité. TradeMark Africa a également soutenu l’Agence Nationale de Promotion des Exportations (ANAPEX) dans l’élaboration de son plan stratégique 2026-2030, alignant le développement des exportations sur l’intelligence de marché et les besoins des producteurs. Cela positionne la RDC pour capitaliser sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), où les systèmes de normalisation détermineront la participation et la capture de valeur.

Les lacunes structurelles restent substantielles. À Mahagi, 3 400 caféiculteurs dépendent d’un seul humidimètre. Au Nord-Kivu, le cacao sort par des circuits informels et réintègre les marchés mondiaux sous des labels étrangers. À Kasumbalesa, 70 % de la farine de maïs consommée dans le sud de la RDC est importée de Zambie, tandis que la production nationale est confrontée à des risques commerciaux liés aux aflatoxines. Combler ces lacunes nécessite un investissement soutenu dans les normes, les systèmes et les institutions.

Le projet démontre qu’une assistance technique ciblée, soutenue par un engagement gouvernemental coordonné et l’appui des donateurs, peut apporter des changements à la fois immédiats et systémiques. Avec des institutions renforcées, une capacité technique améliorée et une direction politique plus claire, la RDC est mieux placée pour répondre aux normes internationales, élargir l’accès au marché et augmenter la valeur capturée par ses producteurs.