Djibouti, le 15 février 2026 : les gouvernements de Djibouti, d’Éthiopie, du Soudan du Sud et d’Ouganda ont officiellement convenu de créer l’Autorité du corridor Djibouti-Éthiopie-Soudan du Sud-Ouganda (DESSO). Signé lors d’une session ministérielle à Djibouti, cet accord met en place un cadre régional pour coordonner le commerce, les transports et la logistique entre les quatre pays, et ainsi faire progresser la vision commune d’une connectivité intégrée, efficace et durable dans la Corne de l’Afrique.
Le Corridor DESSO reliera le port de Djibouti au Soudan du Sud et à l’Ouganda, deux pays enclavés, via l’Éthiopie, offrant ainsi un accès nouveau et efficace aux marchés mondiaux. La nouvelle autorité créée, l’autorité du corridor DESSO, supervisera la planification, les investissements, l’exploitation et le suivi des infrastructures du corridor, avec pour mission de réduire les temps et les coûts de transit grâce à des systèmes logistiques numériques et intelligents. Le DESSO est l’un des corridors les plus récents de la région à avoir été officialisé par un accord juridique interétatique. Cette initiative s’appuie sur des réalisations solides déjà en cours.
Le tronçon Djibouti-Éthiopie a bénéficié de 32 millions d’euros d’investissements financés par l’UE et délégués à l’Agence française de développement dans le cadre de l’action « Promouvoir l’intégration régionale dans la Corne de l’Afrique grâce au développement du corridor de Djibouti ». Cette action a été mise en œuvre par TradeMark Africa et vise à moderniser les infrastructures physiques et numériques du corridor Djibouti-Éthiopie afin de réduire de plus de moitié le temps de transit.
Ces développements concrets démontrent la capacité de la région à traduire ses politiques en actions, créant ainsi des systèmes commerciaux plus prévisibles, transparents et efficaces. La création de la DESSO consolidera ces réalisations et servira de base institutionnelle pour l’expansion future du corridor.
Bien que l’aide actuelle de l’UE se concentre sur le tronçon Djibouti-Éthiopie, l’Autorité du Corridor DESSO fournit la plateforme grâce à laquelle il est possible d’étendre la vision régionale. Les investissements prévus dans les routes, les ports secs et les liaisons de transport multimodal entre l’Éthiopie, le Soudan du Sud et l’Ouganda s’appuieront sur les systèmes et les enseignements déjà opérationnels entre Djibouti et Addis-Abeba, garantissant ainsi que les prochaines phases de développement suivent un modèle harmonisé et cohérent au niveau régional.

Les représentants des quatre gouvernements ont affirmé que la création d’une institution formelle marquait le passage d’une coopération bilatérale à une gouvernance institutionnelle unifiée.
Les ministres ont convenu que le projet « Autorité du corridor DESSO » débuterait ses activités début 2026, avec pour priorités immédiates la mise en place du secrétariat, des protocoles opérationnels et d’un cadre juridique pour la gestion du corridor et le suivi des performances.
Le Corridor DESSO intervient à un moment où le Soudan du Sud cherche à diversifier ses voies de transit pour l’exportation de pétrole, signe un accord complémentaire avec Djibouti pour développer des ports fluviaux et secs le long du Nil Blanc et construit une route reliant Paloich (Soudan du Sud) à Pagak (Éthiopie). Ces efforts combinés positionnent la région comme une nouvelle porte d’entrée pour le commerce continental.
Mr Isack acknowledged that their participation signals a shift towards shared responsibility for making markets work, not just building them.
Lors de la cérémonie de signature, S.E.M. Hassan Houmed Ibrahim, Ministre des Infrastructures et de l’Équipement de Djibouti, a déclaré : « Aujourd’hui, nous franchissons une étape historique vers la réalisation d’une aspiration de longue date de l’Afrique : une connectivité sans faille. L’Autorité du corridor DESSO veillera à ce que les marchandises et les personnes circulent plus rapidement, plus sûrement et plus efficacement à travers nos frontières, faisant de la région une porte d’entrée compétitive pour le commerce continental. »
S.E.M. Alemu Sime, Ministre des Transports et de la Logistique de l’Éthiopie, a ajouté : « Cet accord marque le passage de l’aspiration à la mise en œuvre. Pour l’Éthiopie et ses voisins, il s’agit de réduire le coût des activités commerciales et de mettre en place des systèmes rendant le commerce régional prévisible, numérique et durable. »
Le Ministre des Transports du Soudan du Sud, S.E.M. Madut Biar Yel, a souligné les retombées socio-économiques du corridor : « par l’harmonisation des infrastructures et des cadres politiques, ce corridor ouvrira de nouveaux marchés pour les marchandises du Soudan du Sud, créera des emplois et renforcera les chaînes d’approvisionnement régionales, au bénéfice des communautés transfrontalières. »
S.E.M. Katumba Wamala, Ministre des Travaux publics et des Transports de l’Ouganda, a déclaré : « Notre engagement est de faire du corridor DESSO un modèle d’efficacité. La création de l’Autorité garantit une coopération et une gouvernance à long terme qui accéléreront notre compétitivité régionale dans le cadre de la ZLECAf. »
M. Eugene Torero, Directeur régional, Corne de l’Afrique, TradeMark Africa, a déclaré : « L’Autorité du corridor DESSO incarne une vision régionale que TradeMark Africa défend depuis longtemps, celle d’une convergence des cadres juridiques, des infrastructures et des systèmes numériques pour rendre les échanges commerciaux plus rapides, moins coûteux et plus équitables. La signature d’aujourd’hui témoigne de la volonté de la région de passer d’investissements fragmentés à un écosystème commercial intégré et axé sur les données. »

